Experts et activistes ne sont pas du même avis concernant la construction du pont entre le Congo et la République Démocratique du Congo (RDC) à partir de 2020. Les premiers invoquent les chiffres, les seconds entonnent l’hymne du panafricanisme. Le pont appelé à relier les deux capitales Brazzaville et Kinshasa risque de profiter plus au port de Pointe-Noire qu’à celui vieillissant de Matadi handicapé qui plus est par un faible tirant d’eau.
Or, le détournement d’une partie de l’activité des ports du Kongo Central à celui de Pointe-Noire aura pour effet, à court terme, de diminuer les recettes de l’Etat. Ce qui pour le moins ne va pas réjouir le président nouvellement élu engagé dans la bataille de la mobilisation des ressources pour financer un programme économique très attendu. Le pont Brazzaville-Kinshasa nécessitera un financement de 660 millions de dollars, financé à travers le fonds Africa 50. La BAD y contribuera à hauteur de 210 millions de dollars. L’apport des Etats n’a pas été précisé.
D’une longueur de 1575 mètres, cette infrastructure est constituée d’un pont à péage, d’une voie ferrée, d’une route et d’un trottoir. es études de faisabilité de ce vieux projet d’intégration ont été déjà bouclées. Les financements le seront à la fin de cette année, selon le président de la BAD, le Dr Akinwumi Adesina qui a annoncé un calendrier précis du démarrage des travaux de construction.
Le projet pont-route-rail Brazzaville-Kinshasa, deux capitales séparées par le fleuve Congo large de quatre kilomètres, intègre la vision du Nouveau partenariat pour le développement économique de l’Afrique (NEPAD) qui le considère comme la première composante ; la deuxième étant le prolongement du chemin de fer long de 800 à 1000 kilomètres entre Kinshasa-Ilebo en République démocratique du Congo.



