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Tchad : la Compagnie sucrière au bord de la faillite

La Compagnie sucrière du Tchad (CST) menace de mettre la clé sous le paillasson à cause de la mévente de sa production du fait notamment de la fraude, de la contrebande et de la contrefaçon. Par Achille Mbog Pibasso Les difficultés économiques et financières de la CTS ne sont pas nouvelles. Sauf que la situation…

La Compagnie sucrière du Tchad (CST) menace de mettre la clé sous le paillasson à cause de la mévente de sa production du fait notamment de la fraude, de la contrebande et de la contrefaçon.

Par Achille Mbog Pibasso

Les difficultés économiques et financières de la CTS ne sont pas nouvelles. Sauf que la situation va de mal en pire, au risque de pousser à la faillite, cette société agroalimentaire située à Banda dans la province du Moyen Chari à l’extrême sud du pays, naguère fleuron industrielle du Tchad. Face aux difficultés consécutives à la mévente du sucre, les responsables de la CST ne sont pas passés par quatre chemins pour agiter la menace d’une fermeture.

Et pour cause, depuis huit mois, des stocks de sucre estimés à plus de 36 000 tonnes sont invendus à cause de la fraude, de la contrebande et de la contrefaçon, véritables gangrènes du tissu économique. Le communiqué publié le 05 avril 2019 signé du directeur général adjoint de la CST, Emmanuel Castells est sans équivoque. Il y a un affairisme autour du marché du sucre dont des ramifications iraient jusque dans les cimes de l’Etat. Conséquence, « malgré la décision interdisant l’importation du sucre et sa vente dans certaines zones du pays, ces personnes continuent d’importer et vendre là où elles veulent. Il y a des gens qui importent du Soudan, d’autres importent depuis le port de Douala ».

Licenciement des employés

Selon des témoignages concordants, le sucre importé du de l’Afrique du Sud, du Brésil, de l’Inde, du Soudan ou de la Thaïlande se vend moins cher, en moyenne 27 000 FCFA le sac de 50 kg, alors que le sucre produit localement pour la même contenance coûte  32 000 FCFA. Une « concurrence déloyale » selon la CST qui, en plus d’investir dans la production et de s’acquitter de ses droits sociaux, doit également reverser des droits fiscaux au trésor public, alors que les autres  qui ne revendiquent aucun investissement peuvent se permettre de minorer le prix sans trop de risque.  

La conséquence directe de cette situation est que « la compagnie ne peut plus verser des impôts à l’Etat tchadien. Elle ne collecte plus la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) faute de ventes depuis 8 mois. Si rien n’est fait dans les tous prochains jours pour stopper l’importation frauduleuse de sucre particulièrement dans le sud du Tchad, la CST menace de fermer ses portes et mettre au chômage ses 2063 travailleurs », ont indiqué les dirigeants de l’entreprise.

Il y a quelques années, cette conjoncture difficile a amené la CTS à fermer l’usine de Ndjamena, provoquant le licenciement des centaines d’employés. Il est évident que si des mesures fortes ne sont pas prises au niveau gouvernemental pour sauver l’outil de production, les mêmes causes produiront immanquablement les mêmes effets.

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