Le président centrafricain Faustin Archange Touadéra vient d’effectuer une tournée européenne où il a notamment invité des entreprises spécialisées dans l’exploitation minière à investir dans la production du diamant dans son pays.
Par Achille Mbog Pibasso
Le diamant constitue l’une des principales ressources minières de la Centrafrique puisque le pays y tire ses principaux revenus. L’instabilité sociopolitique avec la multiplication des bandes armées qui écument ce pays ne permet plus une exploitation du diamant dans les conditions optimales. Avec une production qui oscille entre 350 000 et 400 000 carats par an, la Centrafrique exploite, selon les experts, moins de 1% de son potentiel minier.
Les autorités qui espèrent à un retour de la paix avec les accords de Khartoum signés en mars dernier ce qui a enfin débouché sur la formation d’un gouvernement inclusif n’entendent pas perdre du temps. C’est dans cette optique que le président de le République a séjourné du 02 au 05 avril 2019 en Belgique, où il a notamment rencontré à Anvers, Nishit Parekh et Stéphane Fischer, respectivement président du conseil d’administration et président du Centre mondial du Diamant (World Diamonds Center) pour échanger sur la question. Le président centrafricain a ensuite rencontré les diamantaires avant de lancer un plaidoyer en vue de la levée de l’embargo qui pèse sur les diamants centrafricains imposé par le processus de Kimberley. Une décision prise il y bientôt cinq ans par cette instance internationale qui régule le commerce du diamant dans le monde dans le but de lutter contre la vente des diamants de sang en Centrafrique.
Modification du Code minier
D’après de fiables informations, des bandes armées se servent de ce minerai pour financer leurs activités terroristes. Raison pour laquelle le président Touadéra a exhorté les leaders mondiaux de la filière de diamant à l’instar de Deebers et Alrosa à venir s’installer en Centrafrique, ce qui constitue « des solutions à la relance du commerce du diamant centrafricain, réputé jadis pour sa qualité, doivent être trouvées ensemble avec les partenaires du secteur ».
Dans cette perspective, le président de la République a pris l’engagement de procéder à des réformes, notamment l’amendement du décret d’application du Code minier intimant l’ordre aux bureaux d’achat d’exporter au moins 1,75 milliards FCFA de diamants par trimestre ainsi que la suspension ou le retrait de l’agrément pour les bureaux d’achat qui ne se conformerait pas à cette disposition. Une présence officielle selon le chef de l’Etat qui permettrait que « tous les bureaux d’achat existants peuvent démontrer leur capacité à formaliser les exportations et à se retirer de tout engagement dans le circuit informel ».
Des actions devant permettre de lutter efficacement contre des pillages et des trafics observés dans le secteur, dont ceux des bandes armées qui en font une source de financement.




