Le Collège de surveillance de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) souligne dans son rapport que les économies de la sous-région se porteront mieux au cours des deux prochaines années.
Ce n’est pas encore une croissance durable et inclusive pour réduire la pauvreté ou créer des emplois pour le plus grand nombre des habitants dans l’espace économique sous-régional tel que recherché par les six pays de la CEMAC dernière où la situation économique est globalement restée contrastée. Toutefois, après une forte récession économique ces dernières années, l’on assiste une embellie des économies locales, avec un taux de croissance projeté à 3% en 2019 par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), ce qui est mieux par rapport au taux de croissance de 1,5% en 2018, ou celui de 0,9% en 2017.
Réuni le 12 mars 2019 à Douala en sa 36è session ordinaire, le Collège de surveillance multilatérale de cette institution sous-régionale a bouclé deux jours de travaux consacrés notamment aux perspectives 2019 et 2020, où il se dégage que « l’environnement macroéconomique en 2018 a été marqué par la poursuite de la consolidation budgétaire dans tous les Etats membres». Une période certes contrastée, marquée d’une part par une hausse significative de la production pétrolière au Congo et au Tchad, contrairement au Gabon et à la Guinée équatoriale, deux grands producteurs de pétrole de la sous-région.
Dans son bilan, le Collège dit avoir également noté «une amélioration des termes de l’échange, sous fond de persistance des tensions sécuritaires dans le Bassin du Lac Tchad et en Centrafrique, ainsi que la crise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest au Cameroun». Des signaux plutôt encourageants, dans un contexte où, en dépit des soucis de gouvernance, des problèmes sécuritaires n’ont pas toujours permis aux pays de la zone de déployer toutes leurs potentialités.
De nombreux défis à relever par la CEMAC
Le rapport intérimaire est revenu sur l’état des relations entre les pays membres et les institutions financières internationales, notamment le Fonds monétaires monétaire international (FMI) qui a débouché sur la signature avec des pays de la sous-région, la Facilité élargie de crédit (FEC), a constaté que ce dispositif a apporté un nouveau souffle à l’économie d’Afrique centrale.
Un vent plutôt favorable puisque «notre sous-région a renoué avec la croissance en 2018, après deux années consécutives de récession», a relevé le Collège, avant de préciser que «les perspectives pour 2019-2020 sont aussi globalement favorables». Des «bons résultats» rendus possibles par une série de réformes entreprises par les Etats au niveau régional dans le cadre du Programme de réformes économiques et financières (Pref-CEMAC).
En tout état de cause, la prospérité tant recherchée reste un long chemin sinueux, avec de nombreux défis sont à relever. Il s’agit entre autres, de sortir d’une économie qui reste tributaire du secteur pétrolier dont les fluctuations des cours internationaux déstabilisent la plupart de ces pays qui y tirent plus de 80% de leurs revenus, de même qu’il convient de mettre un accent pour la diversification des activités dans le secteur secondaire sans oublier la mécanisation du secteur primaire pour sortir d’une agriculture de subsistance.




