Avec ou sans Karim Wade et Khalifa Sall, le président Macky Sall obtiendrait 58%. Ce constat est de l’ingénieur statisticien et économiste Moubarack Lô, devenu célèbre en 2012 en prédisant la victoire de Macky Sall aux présidentielles sénégalaises au moment même où les analystes tablaient sur un duel au deuxième tour entre le président Wade et l’un de ses opposants historiques (Moustapha Niasse de l’AFP ou Tanor Dieng du PS) .
Depuis , les sondages réalisés par le conseiller du premier ministre sont attendus avec beaucoup d’appréhension, du côté de l’opposition comme du pouvoir, Moubarack ayant gardé son indépendance scientifique. Concernant les dernières présidentielles sénégalaises qui ont vu le locataire du convoité Palais de Roum rempiler dés le premier tour, les statistiques de Lô sont catégoriques : «Macky Sall se trouve entre 57% et 58% depuis octobre 2018, tandis que le cumul de Ousmane Sonko et de Idrissa Seck est inférieur à 20% sur toute la période, hors électeurs indécis ou qui ne se prononcent pas».
Travaillant sur un échantillon de 3000 à 6000 personnes, le sondage estime que, toutes choses étant égales par ailleurs, Idrissa Seck aurait eu 5% des voix (au lieu de 20,51% au sortir des présidentielles du 24 février), dans le scénario d’une participation de Karim Wade et Khalifa Sall à l’élection.
Cela correspond à un report de voix en provenance des électeurs potentiels de Karim Wade et de Khalifa Sall de 15,5 points de pourcentage obtenu lors de l’élection. Idrissa Seck est donc le principal bénéficiaire de l’invalidation de Karim Wade et Khalifa Sall.
Toutes choses égales par ailleurs, Ousmane Sonko aurait eu 7% des voix (au lieu de 15,67% au sortir du 24 février), dans le scénario d’une participation de Karim Wade et Khalifa Sall à l’élection. Cela correspond à un report de voix d’un peu plus de 8 points de pourcentage en provenance des électeurs potentiels de Karim Wade et Khalifa Sall. Ousmane Sonko a donc pu doubler son score, lorsque les candidatures de Karim Wade et Khalifa Sall ont été invalidées.
Les scores de Macky Sall chez les quatre groupes : « femmes », « nord du pays », « plus de 50 ans » et « sans éducation formelle » dépassent d’au moins 5 points son taux au niveau national. En revanche, dans toutes les catégories, « Homme », « 18-34 ans », « Régions de Dakar-Thiès », « BAC+ », ses intentions de vote sont inférieures d’au moins 5 points à son score national. Il réalise son plus mauvais taux dans le groupe BAC+ avec un niveau continuellement en baisse et qui atteint au soir de l’élection un écart négatif de 26 points avec son score national. Sur toute la période, la polarisation des sympathisants de Macky Sall s’accentue. En effet, il réalise continuellement des progrès relativement à son score national dans ses groupes captifs et déclinent dans ses groupes hostiles.
Les groupes hostiles de Macky Sall sont presque parfaitement les catégories captives de Ousmane Sonko. En effet, à partir de janvier 2019, il surperforme son niveau national d’au moins 5 points dans le groupe, « 18-34 ans », et d’au moins 10 points dans les trois catégories, « 18-34 ans », « ayant débuté un cycle secondaire » ; « zone Sud ». En revanche, il réalise ses plus mauvaises performances dans les catégories captives de Macky Sall « 50 ans et plus », « aucune éducation formelle », « zones Nord Centre et Est », « Femme ».il améliore à l’image de Macky Sall continuellement ses scores dans les groupes où il est déjà très haut par rapport à son niveau national.
Selon Moubarack, le président Macky Sall conserverait son score si les deux grands recalés, à savoir Karim Wade et Khalifa Sall, avaient pris part au scrutin.
