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Crise financière mondiale à l’horizon : l’Afrique dans les vases communicants

Les Bourses africaines piquent du nez en cette fin de premier trimestre 2019. Toutes les études le montrent, le relèvement des taux d’intérêt de la FED poussent les grands investisseurs à se rabattre sur les marchés matures au détriment des émergents et des marchés frontières. Dans cette petite ambiance de fin de la période des…

Les Bourses africaines piquent du nez en cette fin de premier trimestre 2019. Toutes les études le montrent, le relèvement des taux d’intérêt de la FED poussent les grands investisseurs à se rabattre sur les marchés matures au détriment des émergents et des marchés frontières. Dans cette petite ambiance de fin de la période des vaches grasses qui souffle, il faut le dire, depuis trois ans, bien avant le slogan « America First», lequel constitue l’alpha et l’oméga de l’administration Trump, il ne faut surtout pas cantonner l’analyse aux seules contingences locales.

Il y a bien autre chose, en plus des rodomontades du FMI à l’endroit des États invités à dégraisser le mammouth , des blocages réglementaires, de l’immobilisme des institutionnels et de la frilosité des ménages qui explique l’érosion continue des valeurs mobilières de Casablanca à Abidjan. Justement, en ramenant l’analyse au niveau global, l’on ne peut ne pas s’attarder sur la dernière note de l’agence de notation Standard and Poor’s publiée le 12 mars 2019.

Selon S&P, la dette mondiale totale a bondi d’environ 50% depuis la dernière crise financière mondiale, et le ratio mondial dette/PIB dépasse 230%, contre 208% en 2008. 

Mais, tempère l’agence ,si la dette mondiale est plus élevée et plus risquée qu’il y a dix ans, le risque de contagion est lui plus faible. En effet, l’augmentation de la dette est en grande partie due aux emprunts souverains des économies développées et à ceux d’entreprises chinoises qui se financent sur leur marché domestique.

Les risques n’en demeurent pas moins élevés.  Depuis 10 ans, les investisseurs se sont en effet tournés vers des produits dont les marchés sont potentiellement moins liquides et plus volatils.

Sur près de 12 000 entreprises passées au crible par S&P, , 61% ont selon nous un profil de risque financier ‘agressif’ ou ‘fortement endetté’ (congre 58% il y a 10 ans).«Cette légère augmentation est en partie attribuable aux entreprises chinoises, qui représentent désormais les 2/5e environ de la dette que nous qualifions ainsi», explique l’agence.

Au niveau mondial, le risque de crédit s’est globalement détérioré au cours de la décennie passée (baisses de notes et nouvelles notations en catégorie « spéculative »).  Même en catégorie d’investissement, les notations sont bien plus concentrées en catégorie  » BBB «  qu’il y a 10 ans. 

De même, 80% de l’encours des prêts à effet de levier sont assortis de covenant light contre 15% il y a 10 ans.

Plutôt faible ces dernières années, le risque de défaut pourrait repartir à la hausse sous l’effet d’un renchérissement des coûts de financement et d’un ralentissement de l’économie mondiale.  «Nos économistes estiment désormais à 20-25% le risque d’une récession U.S., contre 15-20% l’année dernière», renchérit S&P, détaillant ses perspectives des chiffres ci-dessous.

Quelques chiffres :

–       Etats –  Les économies avancées ont accru leur endettement de $19.1 trillions (USA : + $10,6 trillions ; Chine : ¨+ $5 trillions ; Zone Euro : + $2,8 trillions).

–       Ménages – Ratio de Dette/PIB mondial : 59% (vs. 65% en 2008).  Par rapport à 2008 et rapporté au PIB, l’endettement des ménages a baissé aux USA et en Zone Euro, et augmenté en Chine.

–       Secteur financier – Baisse globale de l’effet de levier :  importantes réductions aux USA ; hausse marginale en Zone Euro ; nette augmentation en Chine, mais à partir d’une base inférieure.

–       Entreprises –  L’endettement a surtout augmenté dans les pays émergents – Chine : +2/3, à 155% du PIB ; USA/Zone Euro : endettement stable en termes absolus.

En clair, la prochaine crise mondiale, certaine selon les analystes, ne sera pas de la même ampleur que celle de 2008. Le risque de contagion paraît faible mais (ce que ne dit pas encore S&P) nous pensons que l’occurrence de la crise sera accompagnée d’un stress continu dans l’écosystème des grands investisseurs enclins au repli stratégique. La part volatile des petits fonds étrangers dans l’animation des Bourses africaines risque de jouer le rôle de vase communicant et transmettre à l’Afrique sa part de la crise.

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