Les banques ivoiriennes ont-elles trop mangé du chocolat? Le FMI avait tiré la sonnette d’alarme au début de l’année en estimant que les prêts accordés aux cinq plus gros emprunteurs représentaient 98,9% du capital total du système bancaire ivoirien.
De sources proches des milieux d’affaires, les créances impayées imputées à la filière du cacao atteignent 150 milliards FCFA sur un seul client, aujourd’hui en faillite.
En effet, la liquidation du trader Saf-Cacao, ordonnée par le tribunal de commerce le 18 juillet, a fait vaciller tout le secteur bancaire et notamment NSIA Banque, exposée sur ce dossier à hauteur de 38,5 milliards de Franc CFA. Suivent par ordre décroissant, Ecobank CIV et les filiales locales des françaises BNP Paribas et Société Générale.
La première est exposée à hauteur de 15 milliards de FCFA contre 12 milliards de FCFA pour la Société Générale et 7,4 milliards de FCFA pour la Bicici (BNP Paribas). Les filiales des banques marocaines acccusent aussi le coup. La Banque Atlantique (Groupe BCP) est exposée à hauteur de 13 milliards et la SIB (Attijariwafa Bank) pour 11 milliards de FCFA. Pour sa part, le Conseil café-cacao (CCC) réclame au moins 7 milliards à Saf Cacao.
L’impact d’une telle faillite serait de nature systémique sur le secteur financier et le marché de l’emploi (3000 emplois menacés ).
Différentes concertations sont en cours entre les représentants de l’Etat, ceux des banques et les actionnaires de Saf-Cacao. Les créanciers souhaitent en premier lieu la continuation de l’activité.
Pour rappel, Saf Cacao a été fondée en 2004 par l’ivoiro -libanais Ali Lakiss. Aujourd’hui le groupe SAF-Cacao qui comprend également l’exportateur CIPEXI et le transformateur CHOCO-IVOIRE, achète en moyenne entre 150 000 et 200 000 tonnes de fèves de cacao chaque campagne. CHOCO-IVOIRE a une capacité de broyage d’environ 32 000 tonnes. La saisie concerne tout le groupe ainsi qu’un stock de 50 000 tonnes.
