Géant des matières premières souvent accusé de collusion avec des régimes africains, Glencore est aujourd’hui dans le collimateur de l’Oncle Sam.
Dans un communiqué publié mardi, le groupe zougois (Suisse) a annoncé être assigné par le Département américain de la justice, dans le cadre d’une enquête pour corruption portant sur ses activités au Nigeria, en République démocratique du Congo (RDC) et au Venezuela. «Les documents demandés sont liés aux activités commerciales de Glencore au Nigeria, en République démocratique du Congo et au Venezuela de 2007 à aujourd’hui», a précisé la direction du groupe dans son communiqué. L’entreprise indique pour sa part qu’elle va «examiner la citation et fournira d’autres informations au moment opportun».
Pour les observateurs et analystes, l’assignation de la justice américaine à l’encontre du minier n’est cependant pas une surprise, la firme ayant régulièrement défrayé la chronique au cours des dernières années en raison de ses liens troubles avec des opérateurs sulfureux et des régimes corrompus. Les relations de Glencore avec Dan Gertler sont notamment au cœur des soupçons de la justice américaine, l’homme d’affaires israélien étant déjà sous le coup de sanctions américaines depuis décembre dernier, pour « corruption et pillage des ressources naturelles en République démocratique du Congo ». Un partenaire encombrant mais qui continue de faire affaire avec le groupe suisse : dans le cadre de leurs opérations communes en RDC, Glencore s’est engagé, il y a quelques semaines, à reverser à Dan Gertler des dividendes en euros (110 millions d’euros par an) afin de contourner les lois américaines (les versements étaient auparavant payés en dollars US).
Dans le sillage de l’annonce, l’action a chuté de plus de 10% sur les places de Londres et Johannesburg, où est coté le groupe. Le Credit suisse relativise tout de même cette baisse. Dans une note consacrée à Glencore, la banque souligne ainsi « qu’il ne s’agit à ce stade que d’une demande de documents des autorités américaines, pas d’une annonce d’enquête formelle contre la société ». Glencore est présent en RDC par le biais de ses filiales Mutanda Mining et Kamoto Copper Company, qui emploient, selon l’AFP, plus de 12 000 personnes.
