Par Jacques Leroueil, Kigali
L’aventure boursière de Crystal Telecom avait pourtant bien commencé. Lorsque Crystal Ventures, le bras financier du Front patriotique rwandais, parti au pouvoir du président Paul Kagamé, annonce en mai 2015 qu’il cède en bourse la totalité de sa filiale Crystal Telecom, la nouvelle est accueillie avec enthousiasme par les investisseurs.
Introduite avec succès à la bourse de Kigali en 2015, Crystal Telecom est aujourd’hui à la recherche d’un second souffle : entre les égarements réglementaires de MTN Rwanda, son actif unique, et le mécontentement de ses actionnaires, l’entreprise doit regagner la confiance perdue.
Tenue le 22 mai à Kigali, l’assemblée générale des actionnaires de Crytal Telecom– le véhicule d’investissement coté en bourse qui loge 20 % du capital de MTN Rwanda – a été cette année le théâtre de nombreuses contestations. Et pour cause : la société a enregistré pour l’exercice 2017 une inhabituelle perte de 1,772 milliard de francs rwandais (2,08 millions de dollars) en raison de plusieurs amendes infligées par les autorités rwandaises.
Pénalités
C’est l’Autorité de régulation des services publics (RURA) qui a lancé, en avril 2017, les premières procédures contre la firme télécom pour non-respect de ses engagements de licence[1] avant que l’administration fiscale ne lui emboîte le pas, celle-ci accusant cette fois MTN Rwanda d’avoir minoré ses déclarations fiscales pendant plusieurs années. Au total, c’est un montant cumulé de 15,5 milliards de francs (18,2 millions de dollars) que l’opérateur- qui a décidé de faire appel dans les deux cas- pourrait être amené à payer.



