BOA Côte d’Ivoire, BOA Sénégal , BOA Burkina Faso , BOA Bénin et BOA Niger ont ou sont en train d’ augmenter leurs capitaux sociaux par incorporation de primes d’ émissions, report à nouveau et émission d’actions gratuites. A l’arrivée, le capital social de chacune des entités considérées aura augmenté voire doublé dans certains cas.
L’objectif du groupe BOA est de conforter les capitaux sociaux de ses filiales pour anticiper sur les évolutions réglementaires. Seul hic, à l’arrivée, il n’y a pas eu d’injection de fonds. Pas 1 seul franc réel d’investi dans ces différentes augmentations.
Un exemple, le capital social de BOA Bénin va bien passer de 10 milliards de FCFA à 20 milliards par incorporation d’un montant de 10,072 milliards FCFA prélevé sur le poste «Primes d’émission » et la création d’environ 1,7 million actions nouvelles d’une valeur de 10 000 FCFA chacune, attribués gratuitement aux actionnaires à raison d’une action nouvelle pour une ancienne. Mais, à l’arrivée, rien ne s’est créée, rien n’a disparu, tout s’est transformé selon la formule de Lavoisier.
En clair, il n y a pas eu création de richesses mais promesse -en l’air depuis quelques mois- puis émission d’actions nouvelles. Le marché à l’affût d’opportunités a répondu massivement présent, l’oeil rivé sur les dates de fermeture des registres.
Mais plus qu’un simple jeu d’écritures consistant à gérer la frustration de l’ancien actionnaire privé de son dividende par la donation d’une action gratuite, ces opérations sont plutôt , observe un analyste, des moyens de consolidation des acquis et de la valorisation des résultats constitués sur plusieurs exercices. Du reste, les observateurs sont unanimes. Ce sont là de belles opportunités de placement dans un marché atone. Dans de telles opérations, il y a un schéma classique : les bulles se constituent jusqu’à la date de fermeture des registre puis se dégonflent.
L’on remarquera d’ailleurs que BOA Bénin a vu son cours se déprécier de 50% entre le lundi 19 et le mardi 20 juin. L’action est passée de 210 000 à 155 000 FCFA. De son côté, Bank Of Africa Côte d’Ivoire a perdu 50% le 21 juin pour se stabiliser à 88 OOO FCFA. Ce différentiel intègre la variation du cours suite à l’attribution du droit d’attribution. Bank Of Africa Niger a abandonné 16% à 66 150 FCFA.
Bank Of Africa Sénégal devra suivre. Le titre de la sénégalaise, en augmentation de 55% depuis le début de l’année, est porté par des résultats plutôt bons. Avec un PNB établi à 5,7 milliards à la fin du premier trimestre 2017, en hausse de 28% par rapport à la même période de l’année dernière, la filiale sénégalaise de BOA est l’antithèse parfaite de sa consoeur malienne, BOA Mali, dont le titre est passé de la plage des 61 000 FCFA à celle des 41 000 FCFA le temps d’un automne, sans explication rationnelle.
