Nos croissances élevées du PIB signifient-elles quelque chose dans nos réalités africaines? Voici ce que répond tour à tour John Kiffour (ci-contre) et Olesegun Obasanjo, anciens présidents du Ghana et du Nigeria, en marge de la Réunion de haut niveau pour venir à bout de la faim à l’horizon 2025, organisée par la Commission de l’Union Africaine, la FAO et l’Institut Lula.
John Kiffour : »Le développement, ce n’est pas la croissance. Dans beaucoup de pays, les gens ne sont pas heureux en dépit des taux de croissance élevés. Ils vous diront qu’ils veulent des emplois, des emplois pour leurs enfants, de l’eau potable, de l’assainissement, de l’éducation. Chez nous au Ghana, le PIB croît de 10% mais c’est à cause du pétrole ».
Olesgun Obasanjo: « on utilise des statistiques, des chiffres qui ne rendent pas de la réalité de notre situation. Si le PIB c’est la croissance industrielle, l’augmentation des activités, on doit le ressentir. Mais en allant chez moi, dans mon village, les gens n’ont vu aucune amélioration des taux de croissance élevés du Nigeria. La croissance du PIB ne signifie rien pour eux. Au PIB qui est universel, ajoutons de nouveaux paramètres traduisant nos réalités, pour indiquer par exemple le degrés d’accès à l’eau table, à l’électricité. Quand je parle aux villageois du PIB, ils ne comprennent pas. »