Ce mercredi 5 juin, plusieurs centaines de villageois libériens occupent les terrains de la plantation SRC, des paysans et chefs traditionnels camerounais se sont rassemblés devant le siège de la Socapalm à Douala.
Une manifestation de riverains a été bloquée par les FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire) en Côte d’Ivoire alors qu’ils marchaient vers l’usine centrale et les bureaux de la direction. En Sierra Leone, la manifestation a été annulée pour raisons de sécurité. Ces différentes entreprises appartiennent à la holding luxembourgeoise Socfin, qui est contrôlée par le groupe Bolloré. Pour se hisser à l’échelle de la multinationale, ils ont décidé de coordonner leurs luttes.
A Paris, Vincent Bolloré est sorti personnellement de l’AG qui se tenait ce 5 juin pour entendre les revendications. « Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? » a-t-il demandé camerounais, ivoiriens et congolais venus manifester au siège du groupe. Les revendications sont similaires du Cameroun à la Sierra Leone. La première : protection de l’espace vital de 250 ha de terres cultivables autour des villages riverains pour les paysans locaux. Les surfaces plantées des sociétés africaines de la Socfin sont en effet passées de 87 303 à 99 683 ha en 2 ans. La seconde : compenser cette privation de terres par des services sociaux conformément aux conventions et baux concédés par les Etats africains. L’interdiction d’accès des riverains aux centres de santé de la Socapalm au Cameroun avait par exemple été un motif de soulèvements réguliers. « J’interviendrai personnellement sur tout ce que vous me racontez» a finalement affirmé le président du groupe.

