3 500 délégués de 75 pays étaient représentés à l’ouverture du Forum Invest In Sénégal qui se tient du 6 au 8 juillet à Diamniado, 30 km au Nord de Dakar, capitale du pays. Dans son allocution, le président sénégalais, est revenu brièvement sur le contexte économique du Sénégal en croissance de 6% depuis 2014. «Grâce aux perspectives gazières, l’on sera au moins à une croissance de 8,3% en 2023 ». Toutefois, précise Macky Sall, le pétrole et le gaz ne doivent pas être une économie de rente ». Et d’en venir à ce qu’il considère comme les piliers de l’investissement.
«La paix, la sécurité, la stabilité et l’Etat de Droit sont les piliers de l’investissement. Et il est ds la responsabilité primordiale des pouvoirs publics de veiller au respect des fondamentaux ». En plus de ces pré-requis, il faut un standing national tendant vers les standards internationaux. Aux yeux du président sénégalais, « l’environnement des affaires n’est pas une donnée statistique mais une veille permanente ».
L’un des gros chantiers en cours en ce moment et la révision des procédures avec l’administration. Parmi les piliers identifiés, la digitalisation des procédures, l’harmonisation de la fiscalité et l’amélioration de la compétitivité des coûts de facteur. Ce dernier point sera positivement impacté par l’entrée en production des champs gaziers situés au Nord du pays et la production de l’énergie à travers le «gas to power » . Appelant à une réforme du code du travail et à l’inscription de l’efficacité et non seulement l’ancienneté comme critère d’avancement de carrière dans l’administration, Macky Sall invite le secteur privé sénégalais à se regrouper et les investisseurs et partenaires étranges à passer de la sous-traitance à la co-concoctrance. Du reste, Macky Sall a réitéré son appel à reconsidérer le calcul de la perception du risque. «L’Afrique n’est pas focalisée sur l’aide publique au développement « mais plutôt sur le risque. Un axe sur lequel est revenu Mohqmed El Kettani, président du Groupe Attijariwafa bank: « je ne connais pas d’investisseur qui ait perdu de l’argent ». Pour le président de la première banque en Afrique du Nord, de l’Ouest et du Centre, les investisseurs africains doivent unir leurs forces. «L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique».
Le forum a vu la présence de plusieurs opérateurs privés et institutionnels à l’instar de Olivier Buyoya, directeur régional de IFC (pole secteur privé de la Banque Mondiale ), avec un portefeuille de 2 milliards de dollars sur le Sénégal, « pays disposant de plusieurs opportunités d’investissements dans les industries de production ».
Pour sa part, Baidy Agne, président du Conseil National du Patronat (CNP) sénégalais s’est réjoui de l’organisation du Forum Invest In Senegal qui vise à «insérer le Sénégal dans l’agenda des investisseurs étrangers et faire de Dakar un hub de services». Le patron des patrons se félicite aussi des opportunités offertes au secteur privé par la loi sur le contenu local, l’accès du secteur privé aux PPP et, entre autres, le statut de l’entreprise nationale dans le nouveau code des marchés.
A sa suite , John Humphrey, commissaire au Commerce auprès de sa Majesté le Roi Charles 3, venu à Dakar à la tête d’une forte délégation, a mis l’accent sur l’augmentation des échanges commerciaux, de 25%, entre le Royaume Uni et le Sénégal sur ces deux dernières années. Premier investisseur direct étranger sur le continent africain, le Royaume-Uni à travers des structures publiques comme le BII ou encore BP. Le Parc Éolien Taiba N’Diaye, le champ gazier de GTA comportent du financement britannique. L’envoyé du Roi Charles 3 a appelé à la création de chaînes de valeur et à des partenariats entre les secteurs privés des deux pays.
Représentant le président Alassane Ouattara, empêché, le vice-président ivoirien, Tiémoko Meyliet Koné, a relevé les besoins importants d’investissements pour le Sénégal et la Côte d’Ivoire, deux pays qui cumulent 60% du PIB de l’UEMOA.
« Je salue le leadership éclairé de mon frère Macky Sall ». Le commerce entre les deux pays est passé de 140 milliards de FCFA en 2018 à 240 milliards de FCFA.
