En République Démocratique du Congo, la Régie de distribution d’eau (Regideso) a produit un volume global de 336.284.849 mètres cubes d’eau en 2024, générant des recettes de 464,8 milliards de francs congolais (environ 163 millions de dollars américains). L’annonce a été faite par le directeur général de l’entreprise publique, David Tshilumba, lors de la présentation officielle des états financiers, tenue le jeudi 19 juin 2025 à Kinshasa.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté affirmée de transparence et de redevabilité, dans un secteur vital où les besoins de la population restent encore largement insatisfaits.
Depuis 2020, la Regideso affiche une croissance progressive de sa production. Cette année-là, la société enregistrait une production de 294,5 millions de m³, contre 301,4 millions en 2021, 323,9 millions en 2022, et 348,1 millions en 2023. Bien que le volume de 2024 marque une légère baisse par rapport à 2023, la tendance reste globalement positive sur le quinquennat.
En parallèle, le volume d’eau réellement distribué est passé de 164,9 millions de m³ en 2020 à 201,4 millions de m³ en 2024. Cependant, cette amélioration s’est accompagnée d’un accroissement du coût de revient, qui est passé de 2.033,88 FC/m³ en 2020 à 2.703,81 FC/m³ en 2024, posant la question de la rentabilité à long terme.
Malgré ces progrès, la Regideso a subi un manque à gagner de près de 80 milliards de FC en recettes additionnelles, et une perte de plus de 108 milliards de FC sur la marge bénéficiaire légale. En 2024, le prix de vente moyen de l’eau s’est établi à 2.307,03 FC/m³, un tarif inférieur au seuil de rentabilité, confirmant les difficultés financières que traverse la régie.
Face à ces constats, David Tshilumba a plaidé pour un renforcement du partenariat public-privé : « Malgré les progrès réalisés, la Regideso a besoin de capitaux pour améliorer ses capacités de production et de distribution. » Et de lancer un appel aux opérateurs économiques pour s’engager dans l’amélioration de l’accès à l’eau potable, notamment par des investissements dans les infrastructures.
Pour inverser la tendance, la Regideso entend lancer plusieurs projets structurants, notamment la production locale de tuyaux, de compteurs, ainsi que d’équipements liés aux infrastructures hydrauliques. L’entreprise prévoit également de digitaliser ses opérations afin d’améliorer la gestion, la facturation et la performance globale du service.
« Il est essentiel d’augmenter nos capacités techniques et opérationnelles pour améliorer durablement le taux de desserte », a affirmé le directeur général.
Malgré les efforts, la couverture nationale en eau potable reste inférieure à 20 %, selon les données officielles. Cette statistique préoccupante appelle une mobilisation collective pour garantir à chaque citoyen congolais un accès à cette ressource vitale. « Le défi est immense. Nous devons réfléchir ensemble, dans une approche inclusive et multisectorielle, pour résoudre durablement ce problème », a conclu David Tshilumba.
En juin 2023, la Regideso avait déjà mis en avant ses ambitions en matière de gouvernance et d’investissements pour moderniser son réseau. L’année 2024 semble marquer une étape importante dans cette dynamique, même si les obstacles financiers et structurels persistent.


