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Présidence de la BAD : des bribes  du grand oral des candidats 

C’était la journée des longues attentes, celle des regards fuyants et des conciliabules en sourdine. Abidjan, Sofitel Hôtel Ivoire, 28 mai 2025. Dans les salons feutrés du palace, une tension sourde flottait dans l’air embué de café . On chuchotait dans les couloirs, on se jaugeait dans les ascenseurs. Diplomates en costume froissé, banquiers au…

C’était la journée des longues attentes, celle des regards fuyants et des conciliabules en sourdine. Abidjan, Sofitel Hôtel Ivoire, 28 mai 2025. Dans les salons feutrés du palace, une tension sourde flottait dans l’air embué de café . On chuchotait dans les couloirs, on se jaugeait dans les ascenseurs. Diplomates en costume froissé, banquiers au téléphone vissé à l’oreille, journalistes aux mines affûtées : tous spéculaient, tous attendaient le verdict du grand oral de la veille d’élection.

Sous les lustres ivoiriens, les cinq prétendants à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD) se sont avancés un à un, portés par leurs ambitions, lestés par l’Histoire. Mais ce sont deux voix, celles de la Mauritanie et du Sénégal, qui s’en draient mieux sortis lors du grand oral. Une épreuve difficile à huis clos où le candidat fait face aux gouverneurs sans bloc notes ni ordinateurs. Sur ce registre là, certains s’en sont bien sortis lors, avancent nos sources. 

Bilingues, lucides, précis, Sidi Ould Tah et Amadou Hott ont livré des prestations maîtrisées, avec plus ou moins de bonheur. 

Le premier, Ould Tah, a déroulé son “multiplicateur dix” comme on tire l’épée au clair. Dix fois plus d’approbations. Dix fois plus d’engagements. Une BAD transformée en catapulte du développement, rompant avec la dépendance classique aux capitaux dormants. Son arme ? Un effet de levier inédit sur le capital disponible. Sa cible ? Une souveraineté financière renforcée pour le continent.

Amadou Hott, lui, a tranché dans le vif avec une clarté chirurgicale. Vision panafricaine, approche pragmatique. Il parle aux décideurs comme aux peuples. Une voix posée, un regard déterminé. L’ancien ministre sénégalais n’a pas eu besoin d’en faire trop : sa maîtrise du dossier parlait pour lui.

Face à eux, le Zambien Samuel Maimbo, ancien de la Banque mondiale, a offert une lecture technocratique, rassurante pour certains, trop formatée pour d’autres. Globaliste assumé, il plaide pour une BAD réactive, agile, mais reste dans les codes des grandes institutions multilatérales.

Puis vint Swazi Tshabalala, la Sud-Africaine. Silhouette droite, verbe assuré. Elle prend le contre-pied d’Adesina, veut tourner la BAD vers le secteur privé, injecter de l’audace là où la prudence règne. Son discours tranche, divise, séduit.

Quant au candidat tchadien, plus discret, il propose un « renouveau » de l’institution. Mais dans cette joute où chaque mot compte, son projet peine à s’imposer face aux locomotives du jour.

Les alliances se nouent déjà dans les ombres. Rien ne sera joué au premier tour, cela tous les stratèges le savent. Comme souvent à la BAD, c’est la diplomatie parallèle, les retraits tactiques et les soutiens de dernière minute qui feront le président.

La bataille s’annonce rude. Et tandis que l’aube se lève sur Abidjan, une chose est sûre : la veille d’armes est terminée. Place à la guerre des urnes. Le long suspens sous formes de votes et de positionnement des pays  se dénouera ce 29 mai. À suivre. 

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