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L’assurance agricole au cœur de la 49e conférence de l’Assemblée générale de l’Organisation des Assurances Africaines (OAA)

Entretien avec Dr. Bouzid Amel, Maître de recherche au Centre algérien de Recherche en Économie Appliquée pour le Développement   «l’assurance agricole interpelle les pays africains pour une meilleure collaboration » Dans cet entretien, l’universitaire propose des solutions pour le défi que représentent l’assurance agricole et la sécurité alimentaire, thème principal de la 49e conférence et l’Assemblée…

Entretien avec Dr. Bouzid Amel, Maître de recherche au Centre algérien de Recherche en Économie Appliquée pour le Développement 


 «l’assurance agricole interpelle les pays africains pour une meilleure collaboration »

Dans cet entretien, l’universitaire propose des solutions pour le défi que représentent l’assurance agricole et la sécurité alimentaire, thème principal de la 49e conférence et l’Assemblée générale de l’Organisation des Assurances Africaines, citant la nécessité de «la simplification des procédures pour obtenir des financements agricoles». La chercheuse préconise d’autre part des démarches collectives pour le Continent africain afin de mieux se prémunir contre les différents risques. 

Financial Afrik : L’Algérie abrite, à compter d’ aujourd’hui jusqu’au au 31 mai, les travaux de la 49e conférence et l’Assemblée générale de l’Organisation des Assurances Africaines (OAA) qui sera consacrée au thème de «la contribution de l’assurance aux défis de la sécurité alimentaire en Afrique». Par quels leviers permettre à cette équation de se concrétiser sur le plan continental ?

Dr. Bouzid Amel : La collaboration entre les pays africains peut être extrêmement bénéfique pour promouvoir et développer l’assurance agricole sur le continent par : le partage des meilleures expériences réussies en matière d’assurance agricole. Cela permettrait d’identifier les approches les plus efficaces et de les appliquer dans d’autres pays. Cette collaboration peut également intervenir par la mise en place des standards de tarifications et des avantages fiscaux qui favorisent la couverture des risques liés à la sécurité alimentaire, ou bien par des subventions ou soutien financier pour réduire le coût des primes d’assurances et rendre le prix plus accessible aux agriculteurs notamment aux petits qui ont des ressources limitées. Et aussi par la réduction des obstacles bureaucratiques et la simplification des procédures pour obtenir des financements agricoles.

L’événement intervient dans une conjoncture économique marquée par des tensions et des crises survenues à l’échelle mondiale et régionale. La phase post-Covid 19 ne devra -t-elle ramener le continent à jouer collectif et non en rangs dispersés ?

En jouant collectif, les pays africains peuvent renforcer la solidarité et la coopération régionale. Ils peuvent partager leurs expériences, leurs connaissances et leurs ressources pour faire face aux défis communs, y compris ceux liés à la sécurité alimentaire. En travaillant ensemble, les pays peuvent développer des solutions plus efficaces et durables, en maximisant les avantages de la coopération régionale. Comme la  ZLECAF qui est un exemple concret de l’approche collective en Afrique.  

Pouvez-vous nous livrer quelques recommandations que vous souhaitez voir à l’issue de cette conférence ?

L’Algérie rencontre des défis en matière de culture assurancielle, en particulier dans le secteur agricole. Cela peut être attribué à des raisons d’éthique et de croyances, où certaines personnes peuvent ne pas considérer l’assurance comme compatible avec leurs valeurs. De plus, les compagnies d’assurance ne sont pas très actives en matière de sensibilisation, ce qui limite la prise de conscience et l’adhésion à ces produits.

Il est également mentionné que la dépendance aux revenus pétroliers a dominé tous les secteurs en Algérie. Cependant, récemment, il y a eu une orientation de l’État vers le secteur agricole pour diversifier l’économie. Cette orientation relativement nouvelle explique la faible adhésion des agriculteurs à l’assurance agricole. En ce qui concerne le taux de pénétration du secteur des assurances dans le PIB, il est indiqué qu’il ne dépasse pas 1% en 2021. Cela suggère que l’industrie de l’assurance en Algérie n’est pas encore très développée et n’a pas une influence significative sur l’économie dans son ensemble.

La formule « takaful » pourrait être une alternative intéressante pour promouvoir la culture assurancielle en Algérie, en particulier dans le secteur agricole. Cependant, sa mise en place nécessiterait une collaboration et une sensibilisation approfondies, ainsi qu’une expertise spécifique pour adapter le concept aux besoins locaux.

Cette question de sécurité alimentaire est étroitement liée au stress hydrique. La menace pèse lourdement sur l’Afrique. Par quels moyens ou stratégies sera-t-il possible de contourner ce scénario annonciateur de lendemains très durs pour l’Afrique ? 

La gestion du stress hydrique en Afrique est essentielle pour assurer la sécurité alimentaire et prévenir les difficultés futures. Plusieurs moyens et stratégies peuvent être adoptés pour faire face à ce scénario préoccupant :Il est important de promouvoir des pratiques agricoles qui favorisent la résilience des cultures face au stress hydrique, telles que la sélection variétales, il y a aussi l’adoption des techniques d’irrigation efficaces telles que le goutte- à- goutte et l’irrigation de précision, réduire les conflits d’usage par une approche intégrée  de la gestion des ressource en eau impliquant la coordination entre les secteurs et aussi par la sensibilisation et la formation des agriculteurs  sur les pratiques de gestion de l’eau.

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